Écrits

Sépulture

Cesse de tourmenter ce corps
Déjà las de tous ces coups,
Tu sais pertinemment que sa mort
Est bien loin derrière nous.

Honore-le,
Sa peine est purgée :
Offre-lui le sort qu’il aura mérité.

Remords élyséens

Posée sur un arrière-train agité,
La fiole humide et vacillante menace de chuter.
Son ascension jusqu’au pavé sera si lente
Qu’elle en frôlera l’éternité.

Pourtant moi je resterai là, seul à t’attendre,
Dans les décombres de ma vie,
Parmi les meubles en miettes
Et les abats-jour brisés.

Mais toi tu n’as que pour seule alarme ton confort personnel,
Rarement dérangé par celui des autres.

Là-haut, dans ta bulle,
Tu contemples la misère en sirotant ton coca.

Deux poèmes du soir

Foule

Soleil d’hiver,
S’abat le bourgeon.
Jeunesse incendiaire
Éveille les soupçons.

Populace grégaire !

Robuste

Pourquoi cet air guilleret, pâle monarque ?
On a volé ton royaume, pillé ta dynastie, souillé ton sang.
Cesse d’arborer ce visage constant,
Malgré les désastres et les tempêtes
Qui à jamais feront vaciller ta barque.

Extinction

Cosmos

They’re coming…

Aux dernières nouvelles, le monde est mort. Mais un groupe de fervents résistants attend le retour de la vie avec des sacs. Surentraînés et féroces, ils hurlent quand l’aube se lève. Parmi les feuillages, on murmure qu’un jour, un homme échouera sur Terre, et redonnera vie à l’univers.

Difficile

Difficile

Photo prise le 5 Avril 2015

« Corniaud, avance-toi et j’aviserai.

— Je me souviens d’une photo, un jour de pluie… Douceur des yeux, baignés de lueur, pointillés houleux.

— Ma foi, il est rare qu’on me parle ainsi, mais soit !

— L’hélium a des vertus insoupçonnées. Violemment, il se répercute sur la peau des marquises en flammes. Criantes et gesticulantes, elles odorent en se consumant, la surface de mon sol.

— Et lui ?

— Quel qu’il soit, il s’élève et persévère dans sa poussée de moins en moins terrestre. Toi, exceptionnellement humaine, tu t’élances et le saisis au vol, comme un luron trop sûr de lui, comme un orgueilleux irraisonné. »

COUPÉ

Elle se lève, le gifle, et s’en va porte claquante.
Lui s’enfile un brandy et dégueule sa haine dans les plantes.

Détente

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La feuille accueille l’eau comme une évidence, et s’en sépare quand le matin s’annonce.
Alors que le printemps s’invite, lui recule et décline.
Épis mystère, humide et véloce, roi des alizés.
Mais à mesure que s’amoncellent les sédiments, il fait demi-tour et revient à la raison.
Tronçon d’étonnement.
Candide comme un moineau, il vient manger dans ma main.
Satisfait, je m’en réjouis et bascule dans l’arrogance : erreur. 

Le monde s’écroule, dans un fracas assourdissant, laissant s’échapper un râle sombre.